« L’art, c’est le réel absolu » : un entretien exclusif avec le créateur Rupert Desforges !

Rupert Desforges Interview 1

Il fait partie de ces personnes dont la loyauté sans faille a permis aux Studios M-L d’avancer. Il a toujours été présent dans les grands rendez-vous de notre petite structure. Il a participé à la quasi-totalité de nos films. Il est aussi un remarquable artiste, un visionnaire de l’image, un créateur. Car, en effet, Rupert Desforges a développé depuis des années un style qui lui appartient, qui lui est propre. Dans une société où la plupart des individus se contentent d’imiter ou de copier, embrassent des tendances éphémères qui parviennent difficilement à se renouveler, Rupert Desforges fait exception. Il a mis au point son propre courant et est constamment à la recherche de ce qu’il nomme « le réel absolu ». Il nous a accordé un entretien touchant et c’est avec fierté et plaisir que nous vous parlerons de son art aujourd’hui.

Bonjour Rupert. Comment ça va ?

Ça va bien, merci. Je termine tout juste un dessin sur ordinateur.

Lequel de ces mots vous correspond le plus : photographe, infographiste ou dessinateur ?

Difficile à dire. J’ai suivi un cursus universitaire d’arts plastiques et ai eu l’occasion de toucher aux trois domaines. Les trois sont je pense complémentaires. J’utilise souvent mes photos dans mes infographies et surtout, ce qui est le plus important, c’est que je n’ai jamais eu à faire un choix parmi ces disciplines car les trois me plaisent, même si elles n’ont pas la même finalité.

En ce qui concerne la photo, je dirais plus que c’est un hobby, mis à part lorsque je shoote en vue de créer une infographie en particulier. J’avais commencé à l’université un projet qui s’appelait « Street Poetry », où je composais une infographie (ou photomontage) à partir de photos prisent dans les rues de diverses villes que j’arpentais en quête d’éléments urbains qui m’inspiraient. Le rendu final m’ayant beaucoup plu, j’ai essayé de continuer sur cette lancée. C’est en effet la pratique qui me satisfait le plus lors du rendu final : par le biais de ma pratique photographique, j’arrive à composer quelque chose de nouveau et beaucoup plus intense qu’une simple photo. Peut-être est-ce par facilité puisque pour ce qui est de la photographie, il est beaucoup plus dur pour moi d’arriver à un résultat satisfaisant d’une traite. Je veux dire par là qu’il est souvent facile d’arriver à une composition satisfaisante en matière de cadrage, mais pour qu’une photo dégage une certaine force il faut être au bon endroit au bon moment, et pour ça il faut toujours être prêt a shooter.

J’ai été marqué par le mouvement de la street photography car je trouve que les photos appartenant à ce courant sont très touchantes tant par leur originalité que par leur force et l’humanisme qu’elles dégagent. Plus jeune, je voulais soit être photographe, soit être infographiste. Pour ce qui est du dessin, je ne me suis jamais considéré suffisamment bon pour pouvoir prétendre à une carrière de dessinateur ou d’illustrateur. J’ai commencé mon entrée dans l’art via le dessin, quand j’avais dix ans. À l’époque, je m’amusais à redessiner des logos. Plus tard, j’ai fait connaissance avec le monde du graff qui a occupé une place importante dans ma jeunesse et m’a sûrement influencé à un haut niveau. J’ai commencé à réaliser mes premiers graffs quand j’avais 14 ans, je passais mes heures de cours les plus ennuyeuses à dessiner des graffs. En seconde, je n’étais pas assez bon en cours alors j’ai choisi d’intégrer un lycée où les arts plastiques étaient au premier rang. J’ai continué à produire des graffs tout au long de ma première et, finalement, en terminale, je me suis mis à créer autre chose que des graffs : des dessins je dois l’avouer un peu bizarres à l’encre de chine ou a la mine de plomb. J’ai aussi fait mes premiers pas sur Photoshop, ce qui m’a permis d’acquérir les bases en ce qui concerne la manipulation de ce logiciel. Je m’étais aussi inscrit au club photo du lycée ; c’est à ce moment-là que j’ai commencé à apprécier la photographie. J’ai obtenu mon bac grâce aux arts plastiques. J’ai ensuite intégré l’Université de Montpellier, où j’ai démarré une licence d’arts plastiques, suite logique à mon parcours.

Rupert Desforges Interview 2

Tout commence par un croquis sur papier, qui se transformera en oeuvre grandeur nature par la suite.

J’aimais la liberté de création qui se développait au fil des semestres, tant en cours de dessin qu’en photo ou en infographie. Les cours théoriques ne m’intéressaient que très peu alors durant ces mêmes cours, je dessinais des graffs que je reproduisais par la suite sur des murs. J’ai fait évoluer mon art dans un milieu urbain tout en étant influencé par ce dernier. En bref, je fais des sessions photo lorsque les sessions graff me manquent. Je dessine quand je suis en manque d’inspiration, mais pour ce qui est de l’infographie je suis très méticuleux. Je dirais donc s’il fallait choisir que je suis plutôt infographiste, mais que le besoin de photographie comme matière première dans mes infographies est indispensable. Quant au dessin, je continue à en réaliser dans des carnets à croquis qui étaient jadis la base de mes graffs, mais dorénavant je tends de plus en plus à me tourner vers des compositions abstraites.

Quelle est l’essence de votre art ? Que cherchez-vous à apporter à travers ce dernier ?

L’essence de mon art est, je dirais, mon incapacité à gérer et à communiquer mes émotions par la parole. J’utilise donc l’art comme moyen de communication avec le monde extérieur. J’aime tout ce qui est aléatoire, comme les surréalistes le préconisaient comme moyen d’expression pur de la pensée. L’association d’idées libres et la liberté de création m’ont tourmenté durant mon Master en arts plastiques. De ce fait, j’ai fait beaucoup de recherche qui ont au final abouti à une envie de me libérer justement de tout ce qui est trop conceptuel et réfléchi. J’essaie de faire abstraction de la pensée, c’est une sorte d’échappatoire qui me libère du processus de création prémédité, c’est peut-être aussi pour ça que je me suis tourné vers l’abstrait dans mes dessins.

Quels sont vos objectifs sur le long terme ?

Mes objectifs sur le long terme sont d’approfondir mes recherches pour mon projet « Street Poetry » tout en continuant à produire des infographies sur ce thème. Je souhaite aussi les imprimer en grand format au fur et à mesure que je les créées. Créer plus de toiles, plus grandes, en m’inspirant de mon carnet de croquis. Continuer la photographie. Pour moi, tout gravite autour de cet incessant besoin de créer. Si je ne créé pas, je me sens inanimé et j’ai le sentiment de ne pas avancer dans mes projets.

Beaucoup réclament une exposition de vos œuvres. Cela est-il au programme ?

C’est effectivement au programme. Quand, où et comment sont les questions qui me travaillent, je suis peut-être trop perfectionniste. Alors je procrastine en me disant qu’il faut créer plus, qu’il faut créer mieux, qu’il faut créer plus réfléchi. J’attends d’avoir un corpus d’œuvres qui me satisfait dans son ensemble pour ensuite pouvoir présenter quelque chose de cohérent tant au niveau du style qu’au niveau du message. Le mot de la fin : « L’art c’est le réel absolu ».

Vous souhaitez en apprendre davantage sur l’art de Rupert Desforges, découvrir certaines de ses œuvres ? Si tel est le cas, rendez-vous sur sa page Facebook RDS.

La Rédaction 

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